[Jeudi 5 Mai 2005, 16.32]

Pas de souffrances, ni de joies monumentales, conséquence : rien à écrire… L*** cherche à reprendre contact mais je n’en ai pas envie, ça ne fait que me créer des problèmes psychologiques que je n’ai pas… Je maintiens mon cœur est resté à Dublin… Même si ici le soleil me chatouille les orteils, je crois que c’est là-bas que j’étais bien. Plus aucune nouvelle de Christophe, l’hétéro de Caen, envies sexuelles au plus bas et dans trois semaines le BAC…
En fait je n’ai pas réfléchi deux secondes depuis que je suis revenu, c’est sans doute pour ça que je vais bien, que je ne suis pas triste, je ne pense pas, je joue, je regarde la TV, je lis des stupidités, rien qui puisse me ramener à ma « misère »…

Je vais m’occuper du site. Même si je n’en comprends plus trop l’utilité, c’est comme si c’était mon site, que pour moi, rien que pour moi, trop pour moi. Les visiteurs se font peu nombreux, n’écrivent plus… Et je doute de plus en plus du caractère d’utilité publique de ce truc… Si au lieu d’aider les autres ça ne faisait que m’enraciner à mes peines ?

 

[Dimanche 15 Mai 2005, 14.45]

J’écris pour écrire qu’il n’y a rien à écrire. Il y a bien ces notes à développées mais je n’en ai pas envie je ne suis pas dans le mood pour ça, je crois que je ne suis dans aucun mood d’ailleurs. J’essaye d’écouler les heures le moins ennuyeusement possible en attendant le BAC, et après ? Après rien… j’essaierai encore et toujours d’écouler les heures. J’en suis de plus en plus à me dire que si n’a rien n’a vraiment de sens, ce journal n’en a pas non plus. Pas de sens, pas d’utilité. Et pourtant je suis là, à essayer de remplir les blancs en me disant qu’il me faudra une trace de ce mois de mai 2005, qui est comme les 18 autres mois de mai et qui est sans doute comme les dizaines d’autres mois de mai à venir. C’est ce que je dis, je fais du remplissage de rien, alors autant me remplir de bière et faire n’importe quoi.

Ca fait des années que je suis convaincu que je suis différent, unique, exceptionnel, alors que je ne suis qu’un autre, je ne suis que les autres, je suis tout comme les autres, il n’y a personne de plus banal que moi, personne de plus chiant, de plus ennuyeux que moi. Je suis un bon consommateur et c’est bien tout.

 

[Vendredi 20 mai 2005, 19.57]

Pathétique c’est le terme qui me vient immédiatement. J’ai était totalement pathétique en face de Olivier. Je me suis étalé comme une larve prêt à tout pour récolter quelques secondes d’attentions et un peu de sexe, ce qui n’a même pas marché. Je me fais vraiment honte parfois, mais du moment que je survis, tout va bien, du moins faisons comme si.

 

[dimanche 22 mai 2005, 23.38]

Kind of a different week-end…

Pendant que Geri Halliwell prépare son retour et que Skye Edwards a été remplacée dans Morcheeba j’essaye de faire comme si la vie était absolument merveilleuse. Les deux heures de géo d’hier matin ont été suivies de la traditionnelle « peinture bleue » chez Guillaume, inclus discussion déprimante sur nos futurs avec Aurore. Lorsqu’elle quitte le lieu je parviens à convaincre Stéphane de nous retrouver Thomas et moi au café. Enfin, il surmonte ses peurs infantiles et rencontre « the great Thomas »… Bien évidemment, ou plutôt exactement comme je l’avais prévu ils s’entendent très bien, discutent musique et cinéma, des trucs dont je n’ai aucune connaissance… Pari gagné, j’ai enfin présenté Stéphane à un ami… je l’avais déjà présenté à Aurore et Charlotte… voilà qui fait trois.
A midi et sous une bonne pluie rouennaise Stéphane et moi quittons Thomas devant Flunch, c’est la deuxième expérience du jour… j’ai mangé chez Flunch, et j’ai survécu, quinze kilos en plus mais j’ai survécu… Je passe sur la FNAC et « army of mixes » de Björk qui est assez amusant, un bouquin sensé m’aider dans mes révisions pour le Bac qui mettent beaucoup de temps à se mettre en place et je m’attarde sur la boutique Irlandaise ! Ils ont de la « Smitdwhicks », une bière super bonne, super irlandaise, super légère et dont je suis incapable d’écrire correctement l’orthographe…
Direction Saint Sever, bibliothèque, cinéma, enfin Star Wars… Incroyablement longue successions d’images multi travaillées qui ne me parlaient pas vraiment, je me suis même endormis, décidemment les trilogies ce n’est pas pour moi… Vestes de cuir, vendus par un mec trop curieux qui a pris Stéphane pour mon père avant de comprendre qu’on s’enculait et moi qui suis resté muet… C’est bon signe ? Ne pas s’assumer en deux minutes chronos face à un commerçant véreux ? Sais pas.
Retour à l’appartement… Cuitage au Gin et à la bière irlandaise « unnamed », baisage, première séance de baisage depuis quinze jours donc très appréciée…

Après ça il y eut une courte nuit, un coup de bite, une heure et demie de voiture pour voir Grand-mère dans sa dégénérescence grandissante, un retour avec 20 euros en poche et une extase toute relative devant le DVD Ultimate Kylie, d’ailleurs Love and Support Kylie… ce n’est pas que je l’aime particulièrement mais j’ai l’impression qu’elle fait partie de ma famille affective…

Je crois que c’est tout, un week-end vide de toute réflexions, un week-end relaxant. Un bon week-end ?

 

[vendredi 27 mai 2005, 18.43]

A l’image de cette pile de livre qui s’est effondrée aux pieds de la bibliothèque, je m’effondre aux pieds de mon incommensurable délibité.

Ce midi j’ai piqué un caleçon de Thomas chez Thomas (où je me rendais pour la première et, sans nulle doute, dernière fois) et c’est là toute l’erreur. Comme un con j’avais mis mon putain de string, alors quand j’ai vu ces caleçons en cotons j’ai craqué, j’aurais dû demander mais pas devant les autres. Qu’importe. Cela n’est qu’une auto humiliation de plus. J’aime me faire mal et m’infliger des trucs débiles. Thomas l’a bien pris, c’est lui qui a repéré le truc, mais Claire… Je ne m’éterniserais pas sur le sujet. J’ai la sensation d’être un minable, c’est sans doute parce que je le suis, j’ai même envie de pleurer ce qui est lamentable et pathétique, ce qui l’est peut-être encore plus c’est d’écrire tout ça ici, parce que je n’ai pas le courage de le dire en face, et de surcroît je vais publier ça. Mais qu’est-ce que je suis ? Je suis ce que Sartre utilise comme contre exemple de sa philosophie.

C’est assez, je suis responsable de ce que j’ai fait, j’ai emprunté un caleçon, en dissimulant les faits, c’est minable mais ce qui est fait, est fait, et n’est plus à faire. J’ai encore égratigné mon amitié avec Claire, et j’aurais pu l’éviter, je suis responsable, je suis le pauvre type. Ce qui me fait peut-être le plus chier c’est d’être apparu aux yeux de Loïc comme un paumé, alors que Loïc est sans doute le seul hétéro de la terre avec qui j’ai autant de complicité (peut-être fabulée)… Bref, je ne veux pas devenir sa nouvelle Céline. Je me tais, je regarde droit devant, et je vis, en assumant ce que j’ai fait comme un acte dérisoire, certes, mais stupide et minable.

Ps : Aurélie & Charlotte était sublime au théâtre.
Ps : je vais offrir un lot de caleçons à Thomas.

 

[samedi 28 mai 2005, 10.49]

Je sais pourquoi j’ai besoin de me réfugier dans les choses qui simulent la passion, c’est pour échapper à tout ça. Huit mois, cela fait huit mois que le chat survit malgré un cancer généralisé et pourtant mon père ne veut rien faire, pas tout de suite en tous cas.
Les passions m’aident et me font oublier des samedi matins comme celui là… Je suis arrivé à huit heures moins dix dans le coin du lycée, mais j’ai fait le tour pour rester sur le boulevard, pour ne pas m’approcher du lycée, pour éviter Claire. Petit interlude cérébrale en compagnie de Audrey, qui a pris le temps de lire ce journal hier soir et m’a fait rire quelques instants… Arrivé dans la classe je fais la bise à Justine et je remets la boite Camel contenant filtres et feuilles à rouler à Thomas en lançant un « tiens » et lui de répondre satisfait « ah, merci ». Pas un regard à Claire je veux éviter toute confrontation qui ne pourrait que me nuire.
Je fais la bise à Laury puis à Aurore. Mon amie est froide, distante, la peste sort de sa gorge, j’interroge sur les raisons de son agacement, rien. J’en conclus que le caleçon en est la cause. Pas un mot en deux heures de géo côte à côte, elle a même retirée la bague que je lui ai ramenée d’Irlande. Je suis blessé mais s’en est assez. Faire tant d’histoires pour un caleçon. Je l’ignore, je peux survivre sans elle, et si je l’ai déçu tant pis.
En attendant que la prison ouvre enfin ses portes et nous libère j’attends devant sur le banc en compagnie de Maz et Audrey. J’évite de croiser le regard de Aurore assise par terre devant le bureau de R******. Laury accourt : « Aurore fait une crise de tétanie là, faut que tu viennes » et pendant un quart de seconde j’ai réfléchi, honte à moi, j’ai réfléchi. Mais je ne pouvais pas lui faire ça, définitivement non. Alors je suis allé la prendre dans mes bras, essayant de l’aider comme je pouvais. Comme d’habitude J.F. a rétabli la situation. Elle s’est relevée, j’ai tenu sons sac jusque devant le lycée, lui ai rendu et suis parti à vive allure.

Je crois avoir fait ce que je devais faire, aider une amie. J’ai été là pour beaucoup de crises, et je crois l’avoir aidé, un peu…

Ce qui me chagrine dans cette histoire stupide de caleçon c’est la tournure que prennent les évènements avec des gens prétendument « rebels », « trash », ouverts d’esprits… des gens qui fréquentent des goths, qui écoutent des trucs violents, qui vont à des soirées vikings et qui ne peuvent pas concevoir que je fasse des trucs stupides qui, au passage, n’ont encore causés la mort de personne. Quand je dis des gens je pense à Claire, sincèrement je ne comprends pas. C’était simplement débile de ma part, pourquoi considérer cela comme une tragédie ???

 

[lundi 30 mai 2005, 23.03]

Épuisé par un cinquième épisode de Star Wars encore pire que les quatre premiers, désabusé : le premier vote de toute ma vie se solde par un échec européen, angoissé pour la semaine prochaine et les premières épreuves du bac et muet quant à ce qu’il se passe au lycée.

Aucune envie de développer. Je vais me coucher.

 

[Mardi 31 mai 2005, 17.36]

Je ne parviens toujours pas à me mettre à la place de Claire et à la comprendre. Pourquoi m’en veut-elle réellement ? Pour avoir piqué un caleçon ? Anyway…

Je n’ai aucune envie de bosser, pourtant le stress interne me force à travailler… le bac est dans une semaine et je ne me sens pas du tout prêt…

AAAAAAAAAAAARRRRRRRRRGGGGGGGHHHHH !

 

[Jeudi 2 juin 2005, 15.41]

Je l’appelle dans la classe, lance son nom vers les hauteurs et lorsqu’il retombe, il se retourne. Son nom s’articule comme celui d’une fleur rare, dangereuse et amère. Son nom est comme le toit qui protège la demeure, et son lit s’étend sur d’immense espace. Il y a une fascination, une mystification de Thomas et de ce qui l’entoure. Je ne peux pas nier qu’au fond se cache sans doute un attrait sexuel, mais ce n’est pas ce que je pense être l’essentiel de ma relation avec Thomas. Je ne suis aucunement frustré du « rien » sexuel entre Thomas et moi. C’est là qu’il faut faire intervenir Claire, elle en a assez de mes « trips de pédé fétichiste »…
Je ne suis pas jaloux, je ne veux pas prendre sa place, je suis déjà comblé, je suis tellement heureux de notre amitié. Je n’y prête plus attention mais cette amitié, ces amitiés sont un pas considérable dans mon évolution. Ils représentent tant de choses positives. Si j’ai fantasmé sur Thomas, cela a dû être sérieux une fois, mais toutes les autres allusions, c’était de l’humour, niveau zéro, mais du jeu, du teasing. Je pensais que mes actes et propos seraient interprétés de la façon dont ils étaient expulsés de mon intérieur et plongés dans cet extérieur mélodramatique. Je crois que je présente mes excuses, même si selon moi, une histoire de caleçon ne méritait pas tant d’égards et encore moins une interprétation freudienne.
Je crois même me souvenir de moments, après avoir converser avec Claire et Thomas, où j’étais heureux pour eux, profondément heureux de savoir qu’ils s’étaient trouvés et qu’ils avaient des projets, quelque chose que je suis incapable d’avoir…

PS : la fête du 25 va se transformer en nullité absolue, et tout ça grâce à un caleçon, flinguage, non ?

 

[samedi 4 juin 2005, 17.11]

Hier la pluie est tombée sur ma dernière journée de cours au lycée, en principe, en souhaits et d’après mon vouloir ce vendredi est le dernier au lycée… Mais reste quand même à passer le BAC.

Hier toujours Claire m’a parlée, hier encore, je l’ai regardée dans les yeux, hier pourtant il m’est apparu comme une certitude que les choses ont changée. Dans la mesure où tout le monde me parait différent d’avant « le caleçon », j’en conclus que ce sont eux qui ont changés. Comme une réaction épidermique à mes exploits d’attardé mental.

Je me sens creux, je crois que j’attends d’être certain d’avoir ce putain de Bac pour commencer à exister et à créer une vie nouvelle, non, à créer une vie, tout simplement. Je songe à une colocation avec Audrey, je rêve à l’Irlande en septembre et je m’imagine que Stéphane pourrait passer du temps avec moi… Je suis fatigué de cette version beta de ma vie, je sais que c’est moi qui décide, mais « MOI » ne décidera que le 4 juillet à dix heures.

 

[vendredi 17 juin 2005, 18.02]

QUE LA VIE EST BELLE, QUE L’AIR EST PARFOIS AGREABLE A RESPIRER, QUE L’AMITIE ME TRANSCENDE !!!

Le caleçon est mort ! Fini les cauchemars dans lesquels Claire me fait brûler sur un bûché, ou bien ceux où je vais tomber d’une falaise et où seul un caleçon me retient à elle… Enfin, je suis libéré.

Je m’étais juré de ne rien écrire dans le journal avant la fin des épreuves écrites pour ne pas me perturber… cela a été dur, cela m’a beaucoup manqué, et enfin, lorsque je m’autorise à écrire c’est pour diffuser mon bonheur, ma joie et le sentiment de liberté immense que je ressens… Deux semaines difficiles, à me remettre en question, à ne vivre que pour des épreuves que je pense avoir majoritairement ratées mais qu’importe, l’évènement d’aujourd’hui est sans doute le plus important de l’année, devant les nouveaux albums de Björk et Madonna, devant le Bac et la Fac, c’est la réconciliation avec Claire.

J’ai attendu qu’elle sorte de son épreuve d’allemand, lui ai proposé du feu et, évènement remarquable, je l’ai écouté, je l’ai entendu. Au fond je crois que j’ai entendu ce qui ressemble à du « moi », je ne peux pas l’expliciter, mais je crois que je suis un peu comme Claire… et après tout ça, après mes excuses, je lui ai dit que la fête ne serai pas pareille sans elle et que je ne voulais pas la quitter comme ça, après tout ce qu’on a vécu… Elle m’a tendu les bras et fait un sourire, tout en constatant qu’elle avait perdu un combat… Je crois en fait qu’elle l’a gagné.

Je suis plus qu’heureux, plus que content, je suis survolté, j’ai envie d’embrasser tout le monde, de partager mon amour, de danser, de bouger, de vivre, d’exister, je veux crier au monde entier qu’il fait parfois bon d’exister pour connaître des moments comme celui… la mort du caleçon…

 

[dimanche 19 juin 2005, 14.43]

La question du jour est : mais putain de merde qu’est-ce qu’il m’a pris de rester ici pour le déjeuner ? A chaque fois que mes parents invitent des amis ou leur famille je m’en vais et là, je suis resté. Des gens que je n’ai pas vu depuis plus de dix ans, et à peine passé à table les monstruosités fusent… Le mariage des homosexuels, l’Espagne catholique, la hollande (mais pas les Pays-Bas) pays de drogués, d’homosexuels et de prostitués… Citation de Gilbert, cousin de ma mère : « il vaut mieux que les homosexuels se marient plutôt qu’ils violent des enfants »… Citation de Yvette, cousine de ma mère : « ce n’est pas leur faute, ils sont nés comme ça, c’est des anormaux, mais ce qui est bizarre c’est qu’il y en a de plus en plus »…
Je baisse la tête, je meurs d’envie de me lever, de hurler, de les brûler vifs, mais non, l’argent m’en empêche, je suis dépendant…
Ensuite la conversation prend pour sujet la constitution européenne, avant de déraper sur « les sales arabes, tous des sauvages et des abrutis »…
Je suis sans mots, j’ai honte. J’aurais dû partir. Personne n’est là…

« Cause it’s a great big white world… »

 

[Lundi 27 juin 2005, 11.16]


Je suis toujours dans cet état semi comatique semi endolori de toutes les parties de mon corps, c’est sans doute la preuve d’une soirée réussie, non ? D’un week-end réussi peut-être… Je sens se dessiner un sourire sur mon visage en écrivant ces lignes, sans doute la satisfaction d’un week-end en forme d’apothéose de ma vie lycéenne.

Cette fête, cette soirée pour laquelle j’angoissais depuis des semaines, s’est déroulée de façon royale…. Les courses de samedi matin avec un père qui tirait la gueule parce qu’il était angoissé de me voir remplir le chariot de centaines de litres d’alcools, Aurore arrivée à 14 heures qui m’a aidé dans ma tournée d’avertissement au voisinage, Audrey descendue du ciel à 15 heures… Je ne cachais pas mon angoisse lorsqu’à 19 heures 20 nous n’étions toujours que trois, que le chat avait disparu et qu’il me semblait qu’on n’aurait jamais assez à boire et à manger mais après une petite virée en ville, avec Audrey au volant, pour acheter du poppers tout s’est remis en marche… Lorsque nous sommes revenus, la maison était vide, puis soudain Justine et Fabien et deux secondes plus tard Aurore nous ramenait la fine équipe : Claire, Thomas, Charlotte, Antoine et Edouard. Manquait tout de même à l’appel Loïc, Maz et Aurélie… 21 heures, apparitions de Laury et du « gorgeous » Yoann… J’étais quand même stressé, il fallait que tout soit parfait et je crois que j’ai rempli mon contract !

Tout le monde était dans le jardin, tous avaient l’air bien, et le temps d’une cigarette je suis allé me poser sur la balançoire, et en regardant la terrasse j’ai d’abord eu comme une impression de rêve éveillé, très vite effacé par un sentiment de force, « the force was by my side ». J’étais tellement heureux de les voir tous ici, je n’ai pas les mots nécessaires pour dire ce que je ressentais « la parole est un geste, la pensée est un monde »…

Nous sommes ensuite rentrés danser sur les plus belles merdes que Claire avait trouvé… excellent… Je suis exténué, je ne sais pas quoi dire, je crois que je l’écris pour être sûr que c’était vrai… Je me suis couché lorsqu’ils ont éteint les lampadaires dans la rue, avant ça, sur une idée originale de Thomas, Audrey a baptisé à la desperado les Converse de Stéphane. Ce dernier à réveiller Claire à 9 heures en appelant dans ma chambre… Le chat a voulu escalader le toit, Charlotte et Fabien ont faillis faire exploser la maison avec le four qui marche au gaz… Charlotte m’a fait des compliments sur la maison (Yaouhhhhh). …..

Oh, il y a tant a dire et si peu à écrire, je le regrette, je suis tenter de ne laisser que des mots…. Monopoly, Madonna, Johnny, Lancé de chaises, Edouard bus….

C’est nul, je n’aurais pas du écrire, je vais gâcher le souvenir de ce week-end incroyable….


Je voulais simplement remercier du fond du cœur tout ceux qui sont venus, dire à Loïc qu’il nous a manqué, et surtout que j’espère tous vous revoir…. Dernier vœux exaucé, Thomas fête son anniversaire samedi prochain !

 

[jeudi 30 juin 2005, 15.23]

I don’t know why and I don’t know how but L*** is back.

Il m’a téléphoné lundi après-midi et j’ai dit oui, nous nous sommes vus au web bar, une petite heure pour ne rien se dire, j’ai déblatéré sur ma vie en mode beta et bla et bla… Il ne semblait pas avoir grand-chose à me dire non plus…

Lundi soir j’ai passé la soirée chez Stéphane et je l’ai frappé. Mes instincts familiaux ont refait surface un quart de seconde et je me suis vu agir comme mon père l’aurait fait. Stéphane avait planqué mon paquet de clopes et j’étais tellement énervé que lorsqu’il me la rendu je lui abattu une claque… Autant dire que les relations ont été un peu tendues après… Quand je dis que je deviens plus con chaque jour.

Mardi, Rouen, merveilleuse ville de province, atteignait les 400 degrés celcius, tout du moins dans mes Dr montantes (merci à Audrey et Thomas qui ont baptisés mes converses à la bière…) et c’est ainsi, le feu au pied que j’ai parcouru la ville main dans la main avec Aurore pour qu’elle se trouve un soutien gorge… Puis ce fut la grande humiliation… Je suis allé voir l’enfoiré de disquaire chez qui j’ai déposé mes vynils depuis le mois d’août dernier… il me doit encore 63 euros sur 163. Cette fois-ci il a des problèmes avec sa banque… « Mais si tu repasses samedi à 17 heures, je te fais un chèque de 63 euros, tu vois je ne veux pas te voler ! » dixit le vieil ivrogne de la rue de la république !

Complètement déphasé Aurore m’a (re) payé un verre et des clopes.

Tout ça pour en arriver à aujourd’hui…. L*** a rappelé, il veut me voir, encore. La question qui me brûle les lèvres et gigote dans mon encéphale est : « Pourquoi, s’il ne veut pas baiser et qu’il n’a rien à me dire, pourquoi veut-il me voir plusieurs fois par semaines ??? »

Le néant m’habite comme toujours, mais en cette courte semaine de vacances il me semble plus voyant. Demain j’entame ma toute première journée de travail de toute ma vie, bibliothécaire au palais de justice de Rouen (merci papa). Trente et une journées d’occupations et 797 euros… Quelles motivations !

23.28

La pluie est revenue et je laisse ma tête se faire doucement caresser par Coldplay. Je viens d’aller voir gaynormandie.com, j’ai vu les photos de la marche des fiertés de Rouen… Je ne sais pas quelle réaction, quelle position adopter face à cela. J’ai longtemps pensé que ce genre de manifestation ne faisait qu’attiser les clichés et la haine envers la « communauté ». Entre guillemets parce que je ne crois pas à une « communauté » gay, lesbienne, bi et trans, d’abord parce que les quatre ne s’amalgament pas. Pour moi les bi ne sont que des indécis, des frileux, des gens perdus ou dans le meilleur des cas des personnes qui savent pleinement profiter de la vie. Les lesbiennes sont un mythe, une légende. Je n’en connais que deux, l’une est un cliché, une camionneuse, l’autre est une droguée qui s’est fait violer par son père lorsqu’elle était enfant… Je ne les connais pas… C’est encore pire pour les trans… des martiens dont je doute toujours de l’existence… enfin, mon « groupe », les pédés… C’est ce que je suis sensé connaître le mieux, et pourtant… Narcissique, cinglé, frustré, obsédé… tous les pédés que je connais (on va dire une petite centaine) corresponde tous au moins à un des critères susmentionnés.

Peut-être ne suis-je pas objectif, parce que je suis moi-même complètement cinglé, mais j’ai tendance à croire que mes idées sont partagées par un certain nombre de gens. C’est peut-être triste, parce que ça ne correspond pas du tout au « love and peace / sisters & brothers » but to me, it seems to be my truth.

Je suis sans doute à nouveau en plein décalage cérébral, faut-il prêter attention à mes écrits ? Who knows, who gives a damn shit ?

La question était : que penser de la marche des fiertés ? Evitons de compliquer les choses et disons que nous sommes une communauté unie par la malveillance de l’impérialisme fasciste des hétéro, what’s the point ?
Je n’ai tellement pas envie de me battre, j’ai l’impression de m’être battu un milliard de fois pour arriver à quelque chose qui ne me satisfait pas, je suis un homme, et jusqu’à preuve du contraire nous le sommes tous, donc je devine que nous sommes fatigués, ce qui lèvent le coin des lèvres mentent, alors pourquoi, pourquoi continuer à faire comme si quelque chose était possible. Un grand mouvement populaire d’amour pour arriver à un changement général, mais tout cela est impossible. Fuck, such a cliché !

As usual, ce que je viens d’écrire n’a ni forme, ni contenu, ça me rappelle ma copie de philo, ça me rappel au résultat du bac, lundi, ça me rappel que demain je commence à bosser à 9 heures. Je ne peux m’empêcher de remarquer que ce journal que j’entretiens contre proviseur et ennuie depuis 6 ans n’a pas bougé, il n’a pas changé. Six ans après la première ligne je n’ai toujours aucune envie de continuer, d’avancer, de dire oui, de croire, de faire comme si, et surtout, je n’ai toujours pas trouvé le courage…

 

[Dimanche 3 juillet 2005, 16.18]

Nobody said it was easy. No one ever said it would be this hard. Oh take me back to the start

En écoutant ces mots quelques larmes se sont échappées et je me suis retrouvé une fois encore dans un état confus.

Mon tout premier emploi, manutentionnaire, archiviste à la cour d’appel de Rouen, payé au SMIC… Ce n’est pas de l’occupation, c’est de l’ennui rémunéré, les heures me paraissent toujours aussi longues, mais je suis payé ! J’ai passé les trois derniers jours à m’en plaindre alors je ne donnerai pas plus de détails. Quelque chose me vient… avant lorsque j’écrivais c’était à moi, et j’étais le seul à le lire, alors qu’aujourd’hui, ce jour par exemple, je n’écris pas pour moi, mais pour vous, lecteurs. Je ne sais pas comment l’interpréter, je crois que ça me gêne.

Hier soir direction Montville, chez Patrick, le beau-père de Thomas… Quinze personnes pour fêter en avance l’anniversaire de Thomas et celui d’Antoine. Je me suis saoulé rapidement, je n’ai pas compris une seule blague, et je me suis couché en bon premier, à minuit. Je ne me sentais pas libre, j’avais l’impression d’être surveillé, qu’on voulait m’empêcher de faire des conneries, comme si j’étais immature au point de ruiner une maison. Ca m’a vexé. J’ai pris plaisir à raconter n’importe quoi aux inconnus de la soirée, mais la disparition de mes clopes m’a plutôt contrarié, c’est comme d’habitude, mi-figue mi-raisin, que je me suis affalé sur le canapé. Nuit difficile, Charlotte suffoquait et Loïc souffrait d’un dédoublement de personnalité… Mais à la vue d’Edouard (re)picolant du Gin coupé au vin blanc à neuf heures du matin, le sourire m’est revenu.

Si la soirée a été bonne, pourquoi ai-je pleuré aux sons de Chris Martin ? Le Bac ? Je saurai dans moins de 24 heures…

Un dernier mot sur le Live 8, j’ai eu des frissons en voyant le mec de the Verve rejoindre Coldplay pour chanter Bittersweet symphony avec eux et j’ai raté Madge… Elle était apparemment absolument incroyable, il me tarde d’acheter le DVD…

Je laisse Björk souffler ses mots sur mon nuage, j’allume une cigarette et je vais tuer des Sims.

 

[Lundi 4 juillet 2005, 21.15]

PUTAIN DE MERDE, JE N’Y CROIS PAS, J’AI MON BAC !
Aurore a son bac, Claire, Thomas, Antoine… Je suis tellement heureux, pour tout le monde… Mais je simule la joie depuis ce matin, je suis soulager de l’avoir, mais pas vraiment heureux.
Mais je suis tout de même content, enfin je crois.

C’est tout pour aujourd’hui, je retourne lire Irvine Welsh et je me fais percer la langue mercredi prochain. C’est tout. Ah, si… L*** est un enfoiré.

Ps : merde à Loïc, Edouard, Laury, Audrey, Hélène.

 

[Jeudi 7 juillet 2005, 14.21]

Stéphane vient de m’appeler, Londres, London.
Je ne sais pas quoi dire, je crois qu’il n’y a rien à dire.
Je me réfugie simplement dans ce mot, London.
On ne peut rien dire de ça.

 

[Lundi 11 Juillet 2005, 12.37]

Ca fait tout juste une semaine que je sais que j’ai mon bac. Une semaine après, ça n’a plus aucun effet, si ce n’est hier chez grand-maman, elle m’a fait un chèque de 300 euros. La plus grosse somme que l’on ne m’ait jamais offert. Je suis au web bar, et deux semaines sans écrire sur du papier c’est désagréable. J’écris comme un porc.
Je ne tenais plus, j’avais envie d’écrire, de mettre les choses, si ce n’est au clair, au moins à plat dans le journal.
Jeudi soir dernier Stéphane m’a offert un resto pour fêter « l’évènement », nous sommes allés « Chez Colette », le resto beaufland de Rouen, le préféré de mes parents. Le repas était plutôt bon, plutôt cher aussi. Ensuite il a fumé sa toute nouvelle première clope depuis des mois, accompagné d’une pression aux « Antilles ». Ensuite direction la « cathédrale de Monet aux Pixels », un spectacle son et lumière impressionnant. Puis suite du déluge d’alcool au Big Ben pendant presque deux heures. Serveur brun qui ressemble à Rupert Everett très con, serveur blond, tout de rouge modelé, cool et sexy. A deux heures et demi on atterri au XXL. Je suis bourré, lui aussi, il vient de me confier qu’il m’aime à sa manière et moi je tombe le T-shirt et danse comme un cinglé - les photos de sortons.net en attestent – jusqu’à ce que le DJ balance Madonna. Endoloris de partout je repousse mes limites parce que je lui dois bien ça à elle. Je me prends la tête avec deux petites pédales, 300% retardées. Stéphane vient à mon secours et fou la merde dans leur couple. Le bar ferme, je remonte, je vois un brun, je l’accole, je l’embrasse. On se retrouve sur le trottoir. Tout aurait pu s’arrêter là et pourtant, ça ne fait que commencer. Je fais une pause dans mon récit, il faut que je mange.

12.59
Je reprends.
Comme je l’ai dit j’étais complètement torché, et j’ai commencé à parler avec ce trentenaire brun. Il s’appelle Michel, il a 32 ans, une petite fille Léa, et il nous raccompagne Stéphane et moi.
Je vois enfin se dessiner le plan à trois et puis finalement pas. On discute, ils discutent, je gigote. Stéphane va se coucher, je m’approprie le caleçon de Michel… Il ne me laisse pas achever mon œuvre. C’est dommage mais c’est tant mieux, je suis mort de fatigue. Je m’endors vers six heures trente sur le canapé.

10.14 vendredi, Stéphane me secoue, j’ai une heure et quart de retard au travail, je vais me faire assassiner, c’est la mort. Je pue, j’ai des courbatures, j’ai la migraine.
Il est 10.35 lorsque j’arrive enfin à la cour d’appel, je vais m’excuser et commence ma très longue et extrêmement lente, journée en enfer. Un zombie, voilà au mieux ce dont je devais avoir l’air. Dans ma douleur je réfléchissais tout de même. Il serait préférable que ce Michel n’existe pas, ou bien qu’il ne me rappelle jamais, parce que s’il le fait je devrais réfléchir, faire des choix, vivre.

16.30 Michel m’attend au JM, j’ai déjà zappé, je suis à la maison. Je repousse le rendez-vous au lendemain. Je ne le sais toujours pas, mais « the greatest is behind ».

Mon samedi je le découvre à 11 heures, dans mon lit, je l’occupe avec mes Sims et puis l’heure arrive. Je suis en retard, je suis sans sous, je suis sans clopes.
Il est le même qu’hier matin, il est tout de jean vêtu, c’est vrai qu’il ressemble à Etienne Daho, à sa droite, Léa, quatre ans et demi… Je laisse imaginer à mon lectorat les tonnes de questions qui surviennent… une enfant dans une relation naissante et deux petites cerises sur le gâteau, deux potes goudou, Régine et Caroline…
Moi qui croyais être seul avec lui, c’est raté, nous sommes interrompus toutes les deux minutes par un milliard de ses connaissances. Michel connaît tout Rouen, un Rouen souvent très beau, c’est étrange comme premier rendez-vous.
La suite m’a surpris aussi. Je dois retourner bosser, ce dont je n’ai absolument pas envie… 800 euros dans trois semaines qui me semblent entièrement mérités…

 

[Mercredi 13 Juillet 2005, 21.01]

J’ai passé la journée avec Aurore, et puis un peu Claire, Hélène et Thomas aussi… Je suis mort de fatigue, j’ai encore suivi Michel hier soir, mais il va me falloir ralentir, je n’ai ni les moyens financiers, ni les moyens physiques. J’ai balisé jusqu’à 17 heures… Le portable de Michel était éteint, plus rien, 50 sms, 30 messages sur le répondeur, totalement incompréhensible. Il ne peut pas m’appeler, mais il va bien.
Je me sens abandonné. Il me manque. Je lui en veux. Je l’aime bien.

J’attends que le portable vibre.

 

[Mardi 19 juillet 2005, 23.59]

Il est des hommes sur ce tas de merde qui peuvent vous faire tout oublier, vous faire n’être plus qu’un enfant émerveillé, un être qui ne sait pas encore que ses désirs ne seront jamais satisfaits. J’ai admiré le travail de deux de ces hommes aujourd’hui, Tim Burton et Johnny Depp, Charlie and the chocolate factory est, de loin, la plus belle chose que j’ai vue depuis longtemps.

 

[mercredi 20 juillet 2005, 17.09]

Le moment est parfait, parfait pour mettre un terme à tout. Payé à ne rien faire j’ai vu les heures s’évaporées lentement depuis la bibliothèque. En rentrant j’ai senti le vent fomenter un mauvais coup, oppressé par ce ciel sombre. Les mots de Renton résonnent encore en moi, et s’il le fallait, le moment serait vraiment parfait.

L*** a appeler il y a quelques minutes, j’ai été surpris, qu’il ose. Qu’il fasse semblant. Est-il si seul que ça, ou bien suis-je si misérable ?

Pour ce qui est de la suite des évènements avec Michel, je ne la raconterais pas. J’ai revu Michel samedi dernier, mais cet essai n’a pas été concluant pour moi. Je suis parti, il n’a pas téléphoné. Je considère donc cette affaire comme classée.

POINTLESS…
POINTLESS…
POINTLESS…

 

[dimanche 24 juillet 2005, 18.00]

Je ne sais pas si Fred, le webmaster de gaynormandie, a raison, si ma vie est un Dallas Rouennais. Ma vie c’est plutôt un monde où Björk et Madonna vivent au même étage que moi, où je suis plus proches de ces deux produits que de ma famille. Un monde où les studios Cazzo sont installés dans ma cave et où tout le monde pratique le fist. J’ai abandonné deux années de Karaté, j’ai disparu après deux ans de Yoga, et j’ai rangé les baguettes après cinq ans de jeux de pédales derrière une batterie. J’ai délaissé ce qui aurait dû faire de moi un homme équilibré, responsable, actif, normal. Et pourquoi ? Au profit du tabac Burley, de barriques de bière, au profit de branlettes non-stop devant mon PC comme un attardé.

En regardant tout ça je n’ai vraiment pas l’impression d’être J.R. ou bien Bobby.

L’anniversaire de Charlotte avait lieu vendredi soir dans une « taverne », j’ai revu tout le monde, avec joie, jusques vers 23.30 lorsque, comme à mon habitude, je me suis auto vexé, auto déprimé…

Les choses sont censées changer, je n’y crois pas, mais je l’espère.

 

[Vendredi 29 juillet 2005, 19.18]

J’écoute encore et toujours Coldplay, c’est peut-être cet élément qui a transformé ma dépression chronique joyeuse en dépression chronique lasse. J’ai fini de travailler, un mois de néant, qui ne m’a rien apporté sur un plan humain, cette expérience ne m’a rendu que plus méfiant envers mes congénères. J’ai vu beaucoup de gens aujourd’hui, Isabelle ce matin, pas un mot sur Michel, puis Stéphane A., ce fut la rencontre de la journée, je l’aime vraiment beaucoup, il sait me parler, on dirait même qu’il me comprend. En quittant le travail, une demie heure avant la fin, je suis allé chez Robin, il a beaucoup parlé, j’ai écouté, il est sympathique, même drôle, mais je ne comprends pas comment il a pu atterrir dans le cercle désespérant de mes relations. Ensuite, j’ai rendu une petite visite à mon perceur, avec un budget de 100 euros je vais pouvoir me faire percer la langue et changer le bijou de mon téton. J’y vais demain à 12.30, seul, Papa sera là, enfin dans une boutique à côté. Nous allons passés la matinée ensemble. D’abord rendez-vous à la banque pour ouvrir mon compte, ensuite je vais acheter cette saloperie de lampe de chevet à poil violet, puis prévision d’achat de Cd en masse chez Virgin.

Stéphane est parti ce matin, trois semaines sans le voir, c’est la plus longue période qu’il va me falloir endurer. Aurore a téléphonée tout à l’heure, j’ai eu plaisir à l’entendre, à l’écouter, mais parler… je n’ai plus envie de parler, je n’ai plus rien à dire, je n’ai plus rien à écrire.

Je préfère lire, Irvine Welsh, me gaver d’Ab Fab, attendre… la fin.

Pour terminer, petite citation de Stéphane A. : « Pourquoi continues-tu à écrire cette connerie ? ». Il parlait du journal. C’est vrai je me le demande. Trois en ligne, six ans sur mon PC, pourquoi continue-je ?

 

[Mardi 2 Août 2005, 16.59]

Well, well, well…
Life’s beautiful.

Je suis percé depuis samedi 12.40, et c’est assez chiant, je ne mange plus, je ne bois plus… et c’est un cauchemar de fumer… Dieu merci, le nouvel album de Coldplay met un peu de “gaieté” dans cette vie monacale. Ca me change du dernier Björk, j’avais déjà eu du mal avec Vespertine, d’énormes difficultés avec Medulla, bien que je le préfère à celui de 2001 et vlan, drawing restraint 9. Pitié qu’elle arrête de faire des B.O., j’ai besoin d’écouter une musique que je puisse sentir, vivre, calquer sur ma vie, où qui me fasse passer à autre chose, pas de ce truc inaudible et, limite, pénible. Bref, tout est parfait.

Je suis toujours aussi aigri, sauf que pour une fois je crois que je tiens de bonnes raisons, je ne baise plus étant donné que Stéphane est parti pour trois semaines avec des handicapés physiques, je maigri, mais pas assez vite et je peine à trouver des trucs intéressants à faire.

« Life is for living » , ah bon ?

Je dirais plutôt: “life is for pain, melancholia and sadness”

 

[Jeudi 4 août 2005, 21.31]

Après avoir retrouvé Aurore pour un très court instant, les autres sont arrivés par surprise au web bar, j’ai eu le plaisir de retrouver un souvenir vivant de ma « relation » avec Michel, j’ai nommé Caro(line) celle qui m’a offert un badge Indochine…

Elle ne m’a annoncé que de très bonnes nouvelles, sa santé désastreuse, la disparition de sa copine Régine, suite à un pétage de plomb samedi dernier, l’arrivé d’un nouvel « homme-femme » routier dans la vie d’Isa et enfin, le meilleur pour la fin… Elle m’a raconté ce qui s’est passé après mon départ du Miss Marple il y a trois semaines… Combien mon départ avait été une libération pour Michel et surtout qu’il est (re) devenu pédé/hétéro maintenant ! En effet ce personnage pour le moins instable a stabilisé sa vie sexuelle avec une lesbienne… Je ne veux même plus réfléchir à quoi que ce soit, c’est trop incompréhensible.

 

[Dimanche 7 août 2005, 19.15]

C’est fait, les 18 ans de Fabien sont passés, la soirée à été particulière, je n’étais pas bourré, ce qui m’a donné une impression de nullité et de lourdeur totale, ou peut-être étais-ce tout simplement le comportement d’une personne associé à la non alcoolisation, who knows ?

Le dimanche a été beaucoup plus sympathique, discussion avec Justine, Claire et Aurore… et une mention spéciale à Doude. Avoir des amis c’est tout de même sacrément bon.

 

[Lundi 8 août 2005, 19.18]

Quelle journée… particulière!

Je suis arrive en ville à 14.45, après une longue demi-heure de bus, cela précèdé d’un appel de Stéphane, comme quoi, quand il veut, il peut!
Je suis allé à la banque retirer 50 euros, direction carré blanc, le plus grand sex shop rouennais. Première fois que j’y mettais les pieds, j’ai hésiter à monter l’escalier quand j’ai vu les photos sm hétéro sur les murs et puis finalement… A la caisse se tient une dame d’une cinquantaine d’année, le clone de Caroline Ingalls, en brune, mais sinon le reste, c’était ça !...
Ce que c’est moche là dedans, et il y a vraiment peut de choix pour les sex toys… même pour les films d’ailleurs, que des vieilles VHS, et le coin gay est après le scato hétéro et le zoophile hétéro… j’adore que mes penchants sexuels soient relégués après deux trucs plutôt terrifiant !

J’y passe une demi-heure, je reçois un appel de Robin qui me propose de passer chez lui voir ses dernières œuvres, j’accepte et choisi un 10 inches white avec manivelle… Mme Ingalls me refile un tube de gel à 10 euros et je décide de prendre le poppers au box, je préfère et en plus je crois que le mec m’aime bien…

Chez Robin. Plaisanteries, analyses, décryptages, sourires. Je commence à comprendre pourquoi je pourrais être ami avec lui…

16.20 Je sors de la redoute avec ma veste Pepe Jeans et un parka sous le bras, et de l’autre côté je trimballe mon gode géant… Et ce qui n’aurait pu arriver qu’à Samantha dans Sex and the City m’arrive à moi… Je suis au téléphone avec Olivier et le sac craque, un truc de 30 cm se retrouve sur le trottoir devant chez Virgin… je me dépêche de le planquer… mais le mal est fait, et je me sens regarder de toute part… Deux pas de plus et j’aperçois Edouard à une terrasse, je l’embrasse, il me présente la fille en face de lui, c’est la fameuse Noémie, et soudain il se met à hurler de rire… en me penchant pour saluer sa copine il a vu en 16/9 ce qui se trouvait dans mon sac… Je file à mon rendez-vous et je l’entend rire jusqu'au bout de la rue… je ne fais même plus attention… tant pis, il a vu un gode géant, il connaît mon degrés de perversité… qu’importe…

Sauvé, j’arrive à la terrasse d’un café tout pourri le gode est par terre de nouveau et juste à ce moment Olivier arrive avec son pote Samuel… Quelques fous rires, conversations profondément intellectuelles… Un moment de pleine satisfaction…

18.40 Je viens de m’amuser avec Alfred, (10 inches) pour la première fois, et pour une première fois je dois dire que je l’ai trouvé plutôt sympathique !

Ps : j’ai oublié un épisode surréaliste, au Carré blanc, j’ai vu un mec trop bizarre, un paumé d’une vingtaine d’année qui doit être déficient mentale, habillé comme un allemand en vacances, avec une béquille… il m’a regardé d’une façon très étrange… je le croise régulièrement en ville, et lui, c’est certain est déviant et probablement dangereux… Il m’a ensuite suivi sur quelques rayons, slalomant entre les poupées gonflables et la lingerie en cuir… il m’a sourit en me frôlant et a laisser échapper un souffle d’air fétide de sa bouche répugnante, c’est aussi cela qui a précipité mon départ du sex shop.

By the way, j’ai sincèrement adoré ce moment avec Olivier et Samuel, c’est comme si on était pote depuis des siècles alors qu’en fait… Je n’ai pas d’explication rationnelle, c’est une impression, une sensation de bien être et de connexion avec ces mecs ! Et c’est tellement bon de se sentir intégrer à quelque chose !

Ps bis : Claire m’a suggéré une idée de fin pour le journal… Mon premier jour à la fac pourrait être le dernier publié.

 

[Mardi 9 août 2005, 15.23]

I didn’t remember that sex was so exhausting… Où peut-être est-ce le fait d’avoir sniffé une demi bouteille de poppers en moins de 24 heures… Ou bien encore le manque de sommeil, mon corps n’a toujours pas décidé de me pardonner ce stupide piercing à la langue et me refuse toujours plus de six heures de sommeil par nuit.

Aurore arrive dans quelques minutes pour passer un week-end en semaine avec le chat et moi. Aucune idée de ce qu’on va faire, but I love to have her around.

Nothing else to add.

 

[jeudi 11 août 2005, 21.02]

C’est la mort… mes parents ne sont même pas partis depuis une semaine, le gode m’ennui, le poppers et les Cazzo aussi. Olivier doit venir à la maison samedi et tout ce dont j’ai envie c’est d’un câlin contre Stéphane…

Dans cette journée remplie par la saison 3 d’Ab Fab et The Last Shout je ne voyais rien venir et puis le journal de Fred… Matière à discuter. Effectivement la vie de bloggeur n’est pas toujours facile…

Mémo : l’an dernier j’ai été menacé à deux reprises de poursuites judicaires à cause de ce journal, j’ai été humilié devant mes parents et l’ensemble de mes profs, on m’a considéré comme « déviant » et mon proviseur à fait lire l’ensemble du journal à la psy du lycée afin de trouver une solution pour « m’aider ». Je n’ai évoqué tout cela que de façon furtive parce que je savais le journal régulièrement lu par deux personnes à la tête de mon lycée catholique. Une lettre aurait même était envoyée au rectorat pour les informer de mes activités de bloggeur pervers et psychopathe. Après tout cela, j’ai abandonné ozlange.com, deux mois plus tard le journal est revenu sous la forme de Pureoz… Les passages les plus dérangeants ont été supprimés et les noms de certaines personnes effacées, je n’en sais rien, peut-être que les têtes pensantes du lycée lisent toujours mon étalage psychologique, à vrai dire maintenant je m’en fou, mais sur le coup j’ai faillit devenir dingue.

Trois ans que ce journal est en ligne, pourquoi ? Objectivement, je n’en sais rien, sans doute un besoin de reconnaissance, que je désespère d’avoir un jour, mais je veux y croire encore et toujours, peut-être qu’un jour un éditeur voudra d’un journal à la Bridget Jones en plus plat et plus pédé. Il y a aussi cette permanente envie de théâtraliser ma vie pour la rendre intéressante. En me relisant je n’ai pas l’impression de faire grand-chose, mais c’est mieux que rien, je veux écrire, mais ne le fait pas, le journal est donc un moyen parfait d’écrire sans écrire.

Et puis même si je n’ai plus de réactions de lecteurs je sais qu’ils viennent toujours et de plus en plus nombreux… Trois mille visiteurs en 3 ans…

Eh bien voilà, c’était ma petite réaction au journal de Fred. Un pique de vivacité dans cette journée bien molle et bien grasse.

 

[Samedi 13 Août 2005, 19.46]

Le truc du vendredi 13, est-on sûr et certain que ça ne marche pas aussi avec les samedi 13, parce qu’après la façon dont la journée s’est passée et ce que j’en attendais, je vais certainement devenir superstitieux.

Ps : Toutes mes excuses au mystérieux J.O.

 

[Lundi 15 août 2005, 23.48]

La nuit a engloutie le jardin depuis bien longtemps, j’ai pris soin de fermer les volets ce soir, ma parano n’a fait que s’accroître après les films, les livres… J’ai pris un plaisir démesuré à regarder pour la seconde fois Kill Bill volume 2, un film magistral, ce petit Tarentino ira loin j’en suis certain. Je déteste les films d’actions, à vrai dire, je n’ai pas d’avis sur les films d’actions ils sont presque systématiquement ennuyeux à mourir et pourtant… Q & U…

Mes yeux luttent pour prendre un peu de repos, mais je m’oblige à consigner dès ce soir ce qui s’est passé aujourd’hui. Je suis arrivé sur de moi chez Robin, plaisantant à propos des tenues… Puis je me suis retrouvé de moins en moins vêtu dans son appartement, face à son objectif. Il m’a parut différent derrière l’appareil photo, stressé, excité, à la recherche de quelque chose que je peinais à lui offrir. Les photos qui sont sur le site sont le plus souvent cent pour cent Oz, lorsque Stéphane participe, je donne les directives, il n’est que la main articuler de mon cerveau vendu. Cette fois-ci, j’étais la chose, le truc qui s’emboîtait dans un décor, le tout avec un but déterminé. Etrange, nouveau, pas déplaisant et cependant quelque peu frustrant. Je suis reparti tout content, 105 « fotografismes » à la main, je vais les numériser, puis les graver et les cd partiront faire le tour des galeries. Cela me laisse toujours entrevoir le « truc », ce « truc » que j’attends sans bouger parce que je veux croire, encore, toujours, qu’il se passera quelque chose.

De nouveau je me suis rendu sur gaynormandie.com, les commentaires de Fred sur les blogs ont été mis à jour, ma vie n’est plus Dallas mais Amour, Gloire et Beauté… Laquelle de ces deux séries est la pire ? Aucune réponse à apporter… J’espère ne pas trop m’être plains de mon traitement sur le site, parce qu’en fait je suis plutôt, très content d’être numéro un de ce classement… Et qui plus est, à force d’y penser, j’ai trouvé un élément qui pourrait rapprocher ma vie d’un épisode de Dallas… Isabelle, la pote lesbienne -un autre souvenir de ma « relation » avec Michel- Il s’avère que je la connais depuis plus d’une dizaine d’année, c’est une collègue de mes parents, qu’ils ne peuvent pas voir, et moi je sors avec un de ses amis… je prends des verres avec elle… Oui, bon, pardon. C’est vrai, en écrivant je me rends compte qu’il n’y a pas de quoi tuer une mouche avec ça, mais… C’était plutôt drôle de voir la tête de mon père lorsque je lui ai dit que j’allais au X avec une femme qu’il ne peut pas voir… Comme à mon habitude, je vais fermer ma gueule et aller me coucher.

Bande son : Nancy Sinatra, Bang Bang (My baby shot me down).

 

[Jeudi 18 août 2005, 00.00]

Décidemment je suis vraiment dérangé, je suis psychologiquement déficient. En plus des –faux- problèmes qui parsèment ma vie il faut que je m’inflige Six Feet Under… ce soir le 5.11, je suis encore tout secoué, tout retourné, j’ai mal, pour une fiction, je sais, mais je souffre. Ils sont à moi les Fisher, je vis avec eux depuis cinq ans et ce second to final episode m’a été pénible, encore plus dur que le précédent, plus intense, plus violent. J’ai vraiment mal.

Surtout que le visionnage de cet épisode est arrivé après un appel à Loïc qui lui aussi souffre. Je le comprends. Depuis ce qui s’est passé avec Fabien il est comme rejeté, honnêtement, j’ai appris à m’en foutre, mais je n’entretiens pas la même relation avec Thomas, Claire, Edouard, Antoine, que lui avec eux. Et c’est dur… Et c’est pénible d’être bousillé comme ça, de souffrir pour tout ce qui bouge, de penser à Loïc, à Caroline, à Madge et à moi.

Moi, moi, moi, moi, moi. Que vais-je devenir sans rien, Stéphane loin de moi c’est comme si je n’avais plus rien. Je suis cette chose vide qui hante les bus, passe son temps aux distributeurs de la Société Générale et ingurgite des litres d’alcools pour faire passer la pilule. Mais quelle pilule, je suis seul quinze jours dans la grande maison de mes parents, il y a des années j’aurais tué pour ça, aujourd’hui ça m’est égal. J’ai tellement peur, j’ai tellement la trouille de me retrouver seul face à toute une vie qu’il va falloir vivre. Comment vais-je faire ? Comment les autres font-ils ?

 

[Vendredi 19 août 2005, 20.13]

Party.
I knew it would be the last one.

 

[Samedi 20 août 2005, 22.32]

Mes parents sont enfin rentrés, deux semaines seul, ce n’est pas vraiment qu’ils m’ont manqués mais… Ma première réaction en voyant mon père franchir le seuil de la porte ça a été un large sourire, et il m’a salué de la même manière.

Je suis enfin descendu de ma montagne Mesnil-Esnardaise pour rejoindre le monde civilisé, saluer Robin et voir les photos prisent lundi dernier… Les photos sont pour la plupart saisissantes, je dois l’avouer, ce mec sait prendre des photos. Cependant j’ai beaucoup de mal à me trouver beau sur les images, j’aime beaucoup mes fesses, les heures de stepper ne sont pas vaines, pour ce qui est de commenter ma tronche c’est autre chose. Je devrais réagir à une autre mauvaise nouvelle, et pourtant rien ne m’affecte, et s’en est presque inquiétant. Je ne me sens pas le droit de divulguer la vie privée de deux amis mais pour faire le plus simple possible : Caroline et Robin souffrent tous les deux de très graves problèmes liés au tabac, ce qui ne fait qu’encourager mes parents à me dire d’arrêter la clope, je suis pourtant passé à un paquet par jour… Robin rentre à l’hôpital lundi.

Je n’ai pas répondu à L***, que j’ai revu la semaine dernière, c’est Aurore qui l’a fait. Il m’a proposé, comme toujours, de partager une barquette de sushi et Aurore de lui répondre que je valais plus que des sushi.

Stéphane rentre mardi soir, et je ne pense qu’à ça, me jeter dans ses bras, le serrer, l’embrasser, l’embrasser et l’embrasser encore.

Ps : Rouen a parfois ses bons côtés, ils sont rares et peu nombreux mais allez au Sex Shop le box, rue de la république, déjà vous serez très aimablement reçu par ce mec qui vous voit et vous dit, instinctivement « poppers » et en plus, vous aurez peut-être autant de chance que moi, dans cette même « boîte » vous croiserez un Brian Molko ahurissant de beauté, un faux mais plus grand et mieux dessiné. Et bien voilà, c’était ma note positive de la journée.

 

[dimanche 28 août 2005, 23.36]

Il y a environ une semaine de cela, par le plus grand des hasards j’ai découvert un groupe qui comble mes envies de tristesse et de rage en ce moment même : Garbage.
Je pourrais passer des heures à parler de leur travail mais comme dirait Björk : « I don’t think music is that complicated, music is a very simple thing ».

Cette semaine ce furent les retrouvailles tant attendues avec Stéphane, on peut donc subodorer que j’ai été pleinement satisfait sexuellement. Il y a quelques jours j’ai également souffert des adieux déchirants avec les Fisher, il y a bien longtemps que j’avais tant pleuré et puis comme la vie est plus où moins bien construite dans son incohérence j’ai reçu un cadeau en compensation, un cadeau roux. Cependant je préfère m’autoriser une certaine réserve sur le cadeau, c’est comme si je voulais prévenir les douleurs à venir… Au fil des ans mon cerveau aurait-il appris à prévenir les tragédies ? Who knows…

 

Document sans titre